Le Saint de Padoue

Le 13 juin 1231, alors que le bienheureux Antoine se trouvait à Camposampiero, se consacrant à la contemplation et visitant en esprit, avec un cœur pieux et dans une méditation incessante, les chœurs célestes et les troupes angéliques, après être descendu parmi les frères à l’heure du repas de midi, il fut soudain saisi d’une grave maladie.

Son état s’aggravant de plus en plus, il demanda à être ramené à Padoue, pour ne pas devenir un fardeau pour les pauvres frères de ce petit lieu. Ceux-ci, bien qu’avec un grand regret, le placèrent sur une charrette tirée par des bœufs et, les larmes aux yeux et en poussant des soupirs, prirent congé du saint père.

Il n’était plus loin de la ville quand, suivant le conseil d’un frère venu sur le chemin pour lui rendre visite, il fut dirigé vers la cellule des frères qui assuraient la direction spirituelle des sœurs de l’ordre de Sainte Claire, de peur que ne s’éveille l’agitation de la foule.

Là, tandis que l’homme de Dieu, épuisé dans son corps mais très fort d’âme, se reposait, la crise s’aggrava, et le saint, selon des signes évidents, s’approchait de la fin qu’il désirait.
Il se confessa, reçut la Sainte Communion avec le Corps du Seigneur, afin que ce saint viatique soit la voie du saint voyageur Antoine, puis il commença à réciter avec ferveur, à l’adresse de sa Maîtresse, l’hymne « Ô glorieuse Dame », invoquant son aide, elle qui est plus haute que les étoiles, pour qu’elle, porte brillante et entrée du ciel, lui ouvre la porte du paradis.

Selon les sources, ses derniers mots furent :

« Je vois mon Seigneur. »

C’était le soir du vendredi 13 juin 1231.