اليوم، ولأوّل مرّة، ابني عيد جونيور كتب عن شعوره تجاه الـ10452 وعبّر عن رأيه السياسي بجرأة وصدق… وحبيت شارككم هالكلمات بفخر كبير.
Cessez de chercher loin ce qui vit déjà en nous.
Ce que nous cherchons n’est ni un miracle, ni une illusion.
C’est simplement nous.
Nous, les Libanais.
Les fils et les filles de cette terre.
Les mères fatiguées, les pères épuisés, les grands-parents qui portent encore dans leurs silences les mémoires des guerres passées.
Un seul peuple.
Un seul Liban.
Celui que nous reconnaissons encore malgré les ruines, malgré les divisions, malgré les années qui ont tenté de nous arracher les uns aux autres.
Nous sommes un peuple capable du pire comme du meilleur.
Un peuple intelligent, cultivé, profondément vivant.
Mais aucune intelligence ne pourra sauver une nation si elle demeure divisée contre elle-même.
Car ce dont nous avons besoin aujourd’hui n’est pas davantage de paroles, ni davantage de haine, mais d’unité.
Nos dettes existent.
Notre effondrement existe.
Notre douleur existe.
Et cette responsabilité est désormais entre nos mains.
Trop longtemps, des hommes de pouvoir ont laissé leurs désirs gouverner à la place de leur conscience.
Ils ont préféré la cupidité à la dignité, les intérêts personnels à l’avenir d’un peuple entier.
Alors l’État s’est fissuré, lentement, jusqu’à presque s’effondrer sous le poids de ses propres blessures.
Mais il reste encore quelque chose.
Il reste nous.
À condition que nous ayons le courage — oui, nous tous — sur ces 10 452 kilomètres carrés, de tendre nos mains les uns vers les autres afin de reconstruire ce qui fut détruit pendant des décennies.
Et quant aux peuples qui nous entourent : vous portez, vous aussi, vos guerres, vos traumatismes et vos héritages brisés.
Nous avons appris, parfois dans la colère et dans la peur, à nous refermer sur nous-mêmes.
Mais peut-être qu’un jour, lorsque les blessures auront cessé de parler à travers les générations, nos enfants apprendront ce que nous n’avons pas toujours su accomplir : regarder l’autre sans haine, et transmettre davantage d’humanité que de douleur.
Car au fond, il ne nous reste peut-être qu’une seule responsabilité :
ne pas transmettre nos ruines intactes à ceux qui viendront après nous.
Et qui sait…
Peut-être qu’un jour, dans les mains de nos enfants et de leurs enfants, renaîtra enfin ce qui semblait perdu :
un pays blessé, mais encore capable d’espérer.


